Copilot dans Excel : 10 trucs bluffants… et 10 erreurs impardonnables

Bonjour à tous,

On voit passer beaucoup de démonstrations “waouh” sur Copilot dans Excel.

Le problème, c’est que dans la vraie vie, entre la petite vidéo LinkedIn bien peignée et le fichier infect de 14 onglets avec des en-têtes douteux, des formules cassées, des dates au format texan et trois collègues qui bricolent dedans, il y a un monde.

Alors on va faire simple.

Oui, Copilot dans Excel peut être très utile pour analyser, résumer, proposer des formules, générer des graphiques et aider à explorer un classeur. Microsoft pousse d’ailleurs maintenant plusieurs modes d’usage autour de Copilot Chat, d’Agent Mode et d’Analyst, pendant que certaines anciennes “App Skills” sont retirées fin février 2026.

Mais non, ce n’est pas une baguette magique.

Et surtout, ce n’est pas parce que Copilot répond vite qu’il a raison.

Ma règle reste la même que pour toute IA:

Si le résultat est faux dans 20 % des cas, est-ce encore acceptable dans votre contexte ?

Si la réponse est non, vous posez déjà le pied sur une mine.

10 trucs bluffants

1) Résumer un paquet de commentaires clients

Là, Copilot est dans son élément.

Vous avez 800 commentaires SAV, 300 verbatims RH, 120 avis de stagiaires, 500 retours terrain.

Lui demander un résumé, les thèmes récurrents, les signaux faibles ou les critiques les plus fréquentes, c’est utile.

Pas parfait.

Mais utile.

Typiquement, on gagne du temps sur la première lecture.

2) Expliquer une formule incompréhensible

Vous récupérez un fichier avec un truc du genre:

=SIERREUR(INDEX(...EQUIV(...AGREGAT(...

Personne ne sait vraiment ce que ça fait, mais tout le monde a peur d’y toucher.

Copilot peut souvent vous donner une explication intelligible de la logique.

Rien que pour ça, il peut éviter quelques sueurs froides.

3) Proposer une première version de formule

Je dis bien une première version.

Pour sortir un RECHERCHEX, un FILTRE, un SOMME.SI.ENS, un LET un peu propre, il peut faire gagner du temps.

Ensuite, il faut lire.

Et tester.

Parce qu’une formule “qui a l’air crédible” n’est pas forcément une formule correcte.

4) Détecter des tendances dans une table

Quand les données sont propres, tabulaires, cohérentes, Copilot peut aider à dégager rapidement des tendances, anomalies ou regroupements intéressants.

Encore une fois, très bon pour explorer.

Pas pour signer un audit financier.

5) Générer un graphique sans perdre 10 minutes dans les menus

Pour des besoins simples, c’est pratique.

“Montre-moi l’évolution mensuelle par région.”

“Crée un graphique comparant N et N-1.”

Quand ça marche, ça enlève une partie du frottement.

Et ce n’est déjà pas mal.

6) Aider sur un fichier local

Pendant un bon moment, beaucoup d’usages dépendaient fortement du cloud.

Microsoft a annoncé que Copilot Chat dans Excel fonctionne désormais aussi sur des classeurs modernes stockés localement, ce qui enlève un irritant assez pénible.

Là, pour beaucoup d’utilisateurs, c’est un vrai mieux.

7) Classer du texte

Catégoriser des commentaires, repérer le sentiment général, ranger des libellés sales dans des familles plus propres.

Ça, c’est typiquement une tâche “assez bonne” où l’IA peut rendre service.

Pas besoin d’exactitude absolue au millième.

8) Donner un point d’entrée à quelqu’un qui débute

Pour un utilisateur intermédiaire, Copilot peut servir de béquille pédagogique.

Pas de miracle.

Mais il peut aider à formuler une piste, à suggérer une approche, à débloquer quelqu’un qui ne sait même pas par où commencer.

9) Accélérer l’exploration d’un classeur inconnu

“Que contient ce fichier ?”
“Quels sont les onglets importants ?”
“Quelles colonnes semblent utiles ?”
“Quelles tendances ressortent ?”

Sur un classeur correctement structuré, cela peut faire gagner plusieurs minutes de prise en main.

10) Produire une base de travail

Et c’est là qu’il est probablement le plus utile.

Pas pour livrer à votre place.

Pas pour décider à votre place.

Mais pour produire un brouillon intelligent que vous allez reprendre, corriger, fiabiliser.

10 erreurs impardonnables

1) Lui confier un calcul critique

Ça devrait être évident.

Ça ne l’est pas.

Sur les calculs numériques, les rapprochements sensibles, les règles de gestion strictes, les modèles financiers, les éléments de paie, la conformité ou le juridique, ce n’est pas lui qu’on met au volant. Microsoft dit d’ailleurs clairement d’éviter la fonction COPILOT pour les tâches nécessitant précision, reproductibilité ou enjeux réglementaires élevés.

Excel sait calculer.

Copilot sait surtout parler.

2) Confondre réponse fluide et réponse juste

L’IA répond avec aplomb.

C’est même son talent principal.

Elle peut vous sortir une absurdité avec un ton d’expert.

Et beaucoup de gens se font encore piéger par ça.

3) Lui donner des données sales et espérer un miracle

Des colonnes sans nom.
Des dates mélangées.
Des montants en texte.
Des doublons.
Des sauts de ligne partout.
Des cellules fusionnées parce qu’“on trouvait ça plus joli”.

Puis on demande à Copilot d’analyser le bazar.

Non.

Le problème, ce n’est pas Copilot.

Le problème, c’est votre porcherie.

4) Oublier qu’Excel est déterministe… et pas copilot

Une formule Excel correcte renvoie toujours le même résultat dans les mêmes conditions.

Un LLM, non.

Et c’est précisément pour cela qu’il ne faut pas utiliser n’importe comment une fonction générative au milieu d’une logique métier qui doit rester stable.

5) Penser qu’il “comprend le métier”

Non, il reconnaît des structures, reformule, approxime, propose.

Mais le métier, les exceptions, les règles tacites, les subtilités de votre entreprise, les cas tordus connus seulement par Martine de la compta depuis 17 ans, il ne les “comprend” pas magiquement.

6) Lui demander de valider un raisonnement au lieu de le tester

On voit trop de gens faire ceci:

“Copilot, est-ce que ma formule est bonne ?”

Mauvaise question.

La vraie question, c’est:

“Sur quels cas de test ma formule échoue-t-elle ?”

On ne valide pas un modèle avec une conversation.

On le valide avec des cas d’essai.

7) Le laisser modifier un fichier sans filet

Sauvegarde.
Copie.
Versions propres numérotées.
Versions de test.

Sinon, un jour, vous aurez une très belle démonstration de productivité suivie d’un très grand moment de solitude.

8) Croire qu’il remplace le fond

Il peut accélérer la forme.

Mais si vous n’avez ni structure, ni modèle, ni logique, ni contrôle, il n’invente pas une bonne architecture à partir d’un champ de ruines.

Au mieux, il plaque un vernis.

9) Utiliser l’IA parce que c’est à la mode

Très mauvaise raison.

La seule bonne question est:

Est-ce que c’est plus rapide, plus lisible, plus maintenable, ou plus utile que ce que je fais déjà ?

Si la réponse est non, on refait fonctionner son cerveau.

10) Oublier de relire

C’est probablement l’erreur la plus bête.

Et la plus fréquente.

Le vrai danger de Copilot n’est pas seulement qu’il se trompe.

Le vrai danger, c’est qu’il vous donne envie de ne plus vérifier.

Ma conclusion

Copilot dans Excel est impressionnant.

Parfois même franchement bluffant.

Mais il faut arrêter avec les deux discours débiles qu’on voit partout:

  • “C’est révolutionnaire, ça remplace tout.”
  • “C’est nul, ça ne sert à rien.”

Les deux sont faux.

La vérité est plus banale.

Copilot est utile quand on l’utilise pour ce qu’il sait faire.
Et dangereux quand on lui confie ce qu’il ne doit pas faire.

En clair:

  • pour explorer, oui
  • pour résumer, oui
  • pour proposer une piste, oui
  • pour calculer à votre place dans un contexte critique, non
  • pour penser à votre place, encore moins

Et comme d’habitude, le sujet n’est pas l’outil.

Le sujet, c’est l’utilisateur.

Parce qu’un bon utilisateur avec un outil imparfait fera souvent du bon travail.

Alors qu’un mauvais utilisateur avec un outil “magique” fera simplement des bêtises plus vite.

Et vous ?

Vous l’utilisez pour quoi, Copilot dans Excel ?

Pour gagner du temps sur de vrais cas utiles ?

Ou juste pour fabriquer plus vite des erreurs très modernes ?

PS: article co-écrit avec une IA. Prompt secret 🙂

NB.SI et NB.SI.ENS n'acceptent que des plages, pas des tableaux de données.

Problème et explication

Si vous n'avez rien compris au titre, regardez ce qui se passe entre ces deux formules :

=NB.SI.ENS(A1:A3;"x")

fonctionne normalement.

Mais, si vous sélectionnez A1:A3 puis appuyez sur F9 pour lancer le calcul, il devient impossible de valider :

=NB.SI.ENS({1;"x";1};"x")

En effet, A1:A3 est une plage, alors que {1;"x";1} est un tableau de données.
La fonction NB.SI.ENS n'accepte pas de tableaux de données comme premier argument.

Cas d’usage problématique

Solution 1

Par exemple :

=NB.SI.ENS(CHOISIRCOLS(A1:B3;2);"x")

ne va pas fonctionner, car CHOISIRCOLS retourne un tableau de données et non une plage.

Mais :

=NB.SI.ENS(INDEX(A1:B3;;2);"x")

va fonctionner, car INDEX retourne la 2? colonne en tant que plage.

Autre solution

On peut ainsi scinder la formule, ce qui va nous donner ceci :

Colorer automatiquement ses cellules à partir d'un tableau avec du texte

On va apprendre à appliquer une mise en forme conditionnelle dans Excel même lorsque les données contiennent du texte, ici avec des nombres entre parenthèses. Une méthode simple avec les fonctions modernes TEXTE.APRES(), TEXTE.AVANT() et SUBSTITUE() pour gagner en clarté et en productivité.

Voici le fichier.

Le problème

Dans Excel, tout va bien… jusqu’à ce que les données deviennent un peu “sales”.
On veut colorer des cellules selon leur valeur, mais elles ressemblent à ça :

Texte (50) et le résultat final est (29)

Excel, lui, ne comprend pas : il voit du texte, pas un nombre.
Résultat : la mise en forme conditionnelle ne fonctionne pas.


L’approche

Avant de colorier, on doit d’abord isoler le nombre.
L’idée, c’est de découper le problème en deux étapes :

  1. Extraire la partie numérique du texte, ici, on veut la dernière valeur entre parenthèses.
  2. La convertir pour qu’Excel la reconnaisse comme une valeur.

Cette approche permet de travailler proprement et d’éviter les erreurs de formatage.


Les fonctions-clés à utiliser

Excel 365 propose aujourd’hui des fonctions très puissantes pour manipuler du texte.
Voici les trois incontournables :

  • TEXTE.APRES() ? extrait ce qui se trouve après un délimiteur (ici, la parenthèse ouvrante).

Astuce : en ajoutant -1 à TEXTE.APRES(), on récupère le dernier élément trouvé, parfait pour des textes pouvant contenir des parenthèses.

Et ensuite, au choix:

  • TEXTE.AVANT() ? récupère ce qui se trouve avant un délimiteur (la parenthèse fermante après extraction avec TEXTE.APRES).
  • SUBSTITUE() ? supprime les caractères inutiles du texte, par exemple, la ")". Déjà présent dans les anciennes versions d'Excel.

Enfin, on multiplie le résultat par 1 pour forcer Excel à interpréter le texte comme un nombre :

=(1*TEXTE.AVANT(TEXTE.APRES(E2;"(";-1);")"))>=$C$4

ou alors

=(1*SUBSTITUE(TEXTE.APRES(E2;"(";-1);")";""))<$C$3

La mise en forme conditionnelle

Une fois la valeur numérique extraite, on peut appliquer une mise en forme conditionnelle classique suivante.

Le reste des cellules est colorié en orange. On aurait aussi pu ajouter encore une autre condition, mais dans ce cas, ca n'est pas nécessaire.


Le résultat

Le tableau devient clair, visuel et dynamique, sans macro ni formule complexe.
Même quand les données ne sont pas parfaites, Excel fait le job proprement.

Bonus, cette approche va aussi fonctionner:

=PRENDRE(FRACTIONNER.TEXTE(A1;;{"(";")"};VRAI);-1)